À la suite de la tragédie survenue à Crans-Montana, en Suisse, la Ville de Lyon a annoncé un renforcement des contrôles dans les établissements recevant du public (ERP), une décision prise en coopération avec l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) du Rhône, afin de garantir la sécurité du public.
Le maire de Lyon Grégory Doucet a rappelé la complexité de l’équilibre à trouver entre des règles lisibles et une exigence élevée de sécurité. « Notre souhait n’est pas de compliquer la vie des professionnels, mais de répondre à des objectifs de sécurité », a-t-il insisté, soulignant l’importance d’un accompagnement pédagogique pour permettre aux exploitants de se mettre en conformité.
Les établissements recevant du public sont classés en cinq catégories, selon leur capacité d’accueil et leur activité. Une distinction essentielle, car les risques ne sont pas les mêmes entre un simple débit de boissons et un établissement dansant ou une discothèque, qui accueille un public plus dense et nécessite des dispositifs d’évacuation renforcés. « La réglementation est adaptée à l’activité déclarée. Faire la fête en toute sécurité implique des règles spécifiques », a rappelé le maire.
Parmi les mesures annoncées, la Ville de Lyon va renforcer les contrôles dans les ERP de catégorie 5, notamment les débits de boissons, qui ne font pas aujourd’hui l’objet de contrôles systématiques à l’ouverture ni de contrôles périodiques. L’objectif est avant tout préventif : des contrôles dits « pédagogiques » seront menés afin de vérifier que les établissements respectent bien la réglementation en vigueur et qu’ils ont conscience de leurs obligations.
Autre décision forte : Grégory Doucet a pris un arrêté municipal interdisant les artifices de type F1, jusqu’ici autorisés en intérieur. Cette mesure fait directement écho au drame de Crans-Montana, où l’usage d’artifices a joué un rôle dans la propagation du feu. « Quand on se rend dans un établissement, on doit pouvoir être rassuré : la réglementation est respectée et les contrôles sont faits », a-t-il affirmé.
De son côté, Thierry Fontaine, président de l’Umih du Rhône, a insisté sur l’importance de la déclaration exacte de l’activité exercée. « Si un établissement sort du cadre pour lequel il s’est déclaré, la réglementation applicable n’est plus la même », a-t-il expliqué. Dans le cas d’un bar qui devient progressivement un lieu dansant, les obligations changent : sorties de secours supplémentaires, alarmes coupant la musique, éclairage automatique et procédures d’évacuation adaptées. Des éléments essentiels pour permettre une réaction rapide en cas d’incendie ou de panique.
Le drame suisse a mis en lumière les dangers liés à l’absence de “routines” d’évacuation, notamment dans des lieux plongés dans la pénombre, avec musique et jeux de lumière. « Couper brutalement la musique, rallumer les lumières et diffuser un message clair permet une évacuation beaucoup plus rapide », rappelle Thierry Fontaine, s’appuyant sur l’expérience des services de secours et des préventionnistes.
Si les normes existantes sont jugées suffisantes, leur respect strict reste la clé. Le président de l’Umih Rhône conclu en apportant son plein soutien à l’arrêté du maire interdisant les artifices en intérieur.

GL