Malgré l’activation du plan grand froid, ces dernières nuits seules 2 à 5 familles suivies par le collectif Jamais Sans Toit ont pu être hébergées. Juliette Murtin, porte-parole, témoigne de l’impression que la générosité citoyenne pallie les manquements des pouvoirs publics et demande la création de 10 000 places d'hébergement d'urgence.
Actuellement, 315 enfants sont sans solution d’hébergement d’après le recensement du collectif Jamais Sans Toit, un nombre trois fois plus élevé qu’il y a 4 ans à la même date. Si durant les vacances de Noël, la ville de Lyon a financé des nuitées d’hôtel pour les familles qui étaient dans les écoles, le jour de la rentrée les familles ont été remises à la rue. Le prolongement de la prise en charge demandé par le collectif a été refusé face à l’activation du plan grand froid. « On a essayé de s’intégrer au plan grand froid mais il est sous-dimensionné : la ligne 115 est saturée et souvent, les gymnases sont complets, explique Juliette Murtin, porte-parole de Jamais Sans Toit. Ces dernières nuits en moyenne, 2 à 5 familles suivies par le collectif ont pu être hébergées, ce n’est pas suffisant ». D'autant que la situation précaire impacte directement la scolarité ainsi que la santé psychique des enfants qui seront « les citoyens de demain ».
Avec désolation, Juliette Murtin affirme que « les pouvoirs publics ont pris l’habitude de se reposer sur nous » et a l’impression que la générosité citoyenne pallie les manquements des pouvoirs publics dans la protection des familles sans-abri.
«La majorité des familles qui dorment dans des écoles publiques y sont depuis plus d’un an, c’est inacceptable », dénonce la porte-parole de Jamais Sans Toit. Si cette idée était, à l’origine, un « bricolage citoyen mis en place il y a 11 ans », elle n’était pas faite pour durer. Or « les pouvoir publics considèrent que les familles sont déjà en sécurité et aucune solution n’est proposée ». Face à l’inaction des pouvoirs publics, le collectif a décidé de ne plus occuper les écoles : «la plupart ont trouvé refuge chez les maitresse ou les parents d‘élèves là encore, il s’agit d’une solution temporaire ».
Aujourd’hui, le collectif Jamais Sans Toit demande la création de 10 000 places d’hébergement d’urgence. Une solution qui n’est pas idéale mais nécessaire. Puis, pour des places plus pérennes, le collectif espère que «la politique du logement d’abord sera développée pour un environnement plus stable et rassurant pour l’enfant ».
LP