Le chiffre est tombé presque sans bruit, mais il dit beaucoup. Dimanche, face à Brest, l’Olympique Lyonnais a débuté une rencontre sans aucun joueur formé au club, et sans aucun joueur français dans son onze de départ. Une première depuis 695 matchs officiels d'après l'excellent compte X StatsFoot.
L'@OL va débuter une rencontre officielle sans un seul joueur formé au club pour la 1ère fois depuis le 27 novembre 2011 contre l'AJ Auxerre, mettant fin à une série de 695 matchs officiels consécutifs de ce genre. #OLSB29 https://t.co/jznSySv1l5
— Stats Foot (@Statsdufoot) January 18, 2026
Alors la question mérite d’être posée, sans détour : est-ce que les supporters s’en fichent ? La réponse, aujourd’hui, semble assez nette : Oui. Pour une large majorité, tant que l’OL gagne, le reste passe au second plan. La nationalité, la formation, l’origine des joueurs ne sont plus des critères centraux d’adhésion. Le football moderne a installé cette logique : la performance d’abord, le reste ensuite.
Ce constat n’est ni un reproche, ni une trahison. Il est le reflet d’une évolution profonde du rapport entre les clubs et leur public.
Les effectifs sont mondialisés, les projets plus mouvants. Les clubs, eux, raisonnent à court et moyen terme, sous pression permanente des résultats. Et au fond, nous sommes sans doute assez peu nombreux, non seulement à relever, mais surtout à être choqués par un récent Liverpool–Atlético de Madrid disputé avec un seul joueur anglais sur la pelouse au coup d’envoi… et qui portait le maillot de l’Atlético (!).
Pour autant, cette statistique n’est absolument pas anodine. L’OL s’est longtemps raconté à travers sa formation, ses joueurs maison, son identité locale. Voir cette dimension disparaître, même ponctuellement, d’un onze de départ reste un marqueur fort de la transformation du club.
Mais ce marqueur ne pèse plus aussi lourd qu’avant. Aujourd’hui, ce qui fédère avant tout, ce sont les victoires, le classement, la perspective européenne. L’attachement symbolique existe encore, mais il n’est plus prioritaire. Dimanche, l’OL a gagné. Et à l’heure actuelle, pour ses supporters, cela suffit. Mais cette statistique serait-elle soulignée avec autant d’indifférence en cas de mauvais classement ?