Hier soir, BFMTV et Le Figaro ont diffusé un débat qui a opposé quatre candidats à la mairie de Lyon : Grégory Doucet, l’actuel maire écologiste, Jean-Michel Aulas, candidat Cœur lyonnais, Alexandre Dupalais, candidat du Rassemblement national ainsi qu’Anaïs Belouassa-Cherfi, députée de la France insoumise.
Chacun des candidats a répondu aux questions d’Apolline de Malherbe, journaliste pour BFMTV, Elodie Poyade, journaliste pour BFM Lyon et Yves Thréard, directeur adjoint du Figaro au sujet des conséquences de la mort de Quentin Duranque sur les élections, de la sécurité à Lyon mais également sur la circulation des Lyonnais.
Grégory Doucet a débuté le débat en affirmant que «96% des engagements » ont été réalisés lors de ce mandat ainsi que sa « boussole a été et sera encore demain l’humanisme lyonnais ». Jean-Michel Aulas, lui, a décidé de « montrer que la société civile peut offrir à Lyon une alternative à cette époque ratée ». Alexandre Dupalais, se décrit comme « le seul candidat à défendre la force lyonnaise ». Anaïs Belouassa-Cherfi a quant à elle annoncé un programme fort de 200 mesures pour « rassembler » les Lyonnaises et Lyonnais.
La mort de Quentin Deranque au coeur du débat politique lyonnais
« Lyon : la ville des radicalités ? », c’était le grand point d’ouverture du débat. Mort de Quentin Deranque, groupes radicaux ou encore groupes ultra-violents parmi les supporters de l’OL, sur 1h30 de discussion, une quarantaine de minutes ont été dédiées uniquement à ces sujets. Anaïs Belouassa-Cherifi a été accusée d’avoir « une part de responsabilité » dans la mort de Quentin Deranque, notamment par rapport à son soutien à la Jeune Garde. La candidate insoumise a déclaré laisser la justice faire son travail tout en rappelant son soutien à l’organisation antifasciste :« je suis et je resterai une militante antifasciste ». De son côté, le candidat UDR-RN, Alexandre Dupalais tient la candidate LFI responsable du drame : « Je pense que Mme Belouassa devrait garder ses explications embrouillées à un juge d’instruction et à des policiers enquêteurs. (...) LFI a couvert en son sein une organisation terroriste qui a tué à Lyon ». Après ces attaques, c’est Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas qui se sont attaqués sur le drame. Le maire sortant a dénoncé des « récupérations politiques », tandis que l’ancien président de l’OL, soutenu par Alexandre Dupalais, déplore l’absence de portrait de Quentin Duranque sur l’Hôtel de ville. Le candidat UDR-RN accuse : « Il faut être de gauche pour avoir un hommage ». Le maire sortant Grégory Doucet a ensuite souhaité recentrer le débat : « Excusez-moi un instant de m’arrêter. Ça fait pas moins de 25 minutes qu’on discute du sujet de la mort de ce jeune homme, qui est une grande tragédie et un sujet important. Mais ici, il y a aussi une campagne pour les municipales à mener pour les lyonnais et lyonnaise ».
Groupuscules violents, caméras de surveillance, police armée : des sujets de sécurité survolés
Jean-Michel Aulas a également été pointé du doigt notamment sur la présence de groupes ultra-violents parmi les supporters de l’OL. Alors qu’il affirme : « Il y a toujours eu du ménage », Anaïs Belouassa-Cherifi affirme que l’ancien président de l’OL « a serré la main aux Mezza qui sont des fascistes », lors de ses adieux au club Lyonnais. Grégory Doucet s’est quant à lui félicité de son bilan en matière de lutte « contre les ultras » évoquant la fermeture de locaux et « la dissolution de groupes violents ».
Sur la question des caméras de surveillance, la journaliste Apolline de Malherbe donne le ton : « Est-ce qu’une caméra de surveillance (à l’endroit de la mort de Quentin Duranque) aurait pu le sauver ? ». Jean-Michel Aulas souhaite des caméras pour « diminuer la criminalité », Alexandre Dupalais quant à lui « explose les compteurs » en souhaitant 5000 caméras. Il justifie son choix : « avoir des caméras c’est donner du crédit à la parole des victimes lors d’une agression », afin, selon lui, d’éviter le parole contre parole et d’obtenir des preuves vidéos. Une justification à laquelle Grégory Doucet adhère.
Après le sujet des groupuscules violents et des caméras de surveillance, c’est le sujet de la police armée qui a fait du zèle. Face à ses rivaux, Anaïs Belouassa-Cherifi ne souhaite pas armer la police municipale : « les prérogatives de la police municipale sont la tranquillité et la médiation (...) nous souhaitons qu’elle ne soit pas armée dans notre ville, car c’est le rôle de la police nationale avec comme prérogative le maintien de l’ordre ». Malgré la crainte des policiers municipaux, la candidate LFI répond et annonce le maintien « des armes létales ».
« Oui, je peux travailler avec Anaïs Belouassa-Cherifi, à certaines conditions »
Le maire écologiste, Grégory Doucet, s’est dit prêt à une alliance avec LFI au second tour : « Oui, je peux travailler avec Anaïs Belouassa-Cherifi, à certaines conditions. Non, on ne désarmera pas la police municipale. Dans ma majorité, il n’y aura personne impliquée de près ou de loin dans des actes de violences ».
Anaïs Belouassa-Cherifi a quant à elle ajouté : «Ma priorité est que monsieur Aulas ne devienne pas le prochain maire de la ville de Lyon. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce ne soit pas le cas parce que je pense qu’il n’a pas de programme, ni de projet, ni de vision, ni d’ambitions pour Lyon », rejoignant alors une critique commune à tous les candidats envers Jean-Michel Aulas. « Nous devons faire, s’il est possible, soit un désistement, soit une fusion programmatique sur la base du programme » précise la candidate LFI. « J’écouterai le message que les Lyonnaises et les Lyonnais ont à nous envoyer les 15 et 22 mars », conclut Grégory Doucet.
ZFE et ZTL : un sujet qui divise
Alors que la circulation automobile a baissé de 12% à l’échelle de la ville et de 22% dans l’hypercentre d’après la Ville de Lyon, les candidats se sont exprimés sur la circulation des Lyonnais. « La ZFE ne peut pas être mise en place, s’il n’y a pas les infrastructures nécessaires c’est-à-dire des parkings relais, commence Anaïs Belouassa-Cherifi. À propos de la ZTL, nous sommes favorables à la piétonnisation mais il va falloir revoir le mode de circulation des bus ». Alexandre Dupalais, quant à lui, a réitéré sa position contre la ZFE et la ZTL. « On est contre les méga-travaux, on est pour la paix fiscale et la paix des travaux, déclare-t-il. Je suis pour qu’il y ait une place pour chacun : pour les vélos, pour les automobilistes et aussi pour les piétons, tout le monde ne se déplace pas uniquement en vélo à Lyon, c’est ça la réalité ». Ce à quoi Grégory Doucet a répondu : « Les gens ont envie de faire du vélo et on a simplement développé les infrastructures pour qu’ils puissent le faire en toute sécurité ». Le maire sortant a par ailleurs précisé que « l’accidentologie a été divisée par deux en trois ans et le nombre d'accidents a baissé de 54% ». Jean-Michel Aulas, lui, lance : « Grégory Doucet pense très fort à un certain nombre de choses qui ne se réalisent pas » avant de préciser « je suis contre la ZTL mais je ne pense pas qu’on puisse tout détruire, il faut l’aménager ».
GL, LP