Mission d’évaluation dans la lutte contre les rodéos : les députés font le bilan à Lyon

Publié le 30 juillet 2021

Les rapporteurs de la mission d’évaluation de la loi renforçant la lutte contre les rodéos motorisés, étaient en déplacement à Lyon. Des rodéos qui se retrouvent de trop nombreuses fois dans l’actualité de la métropole lyonnaise. Dimanche 25 juillet, un policier avait été percuté dans le 3e arrondissement de Lyon, par un homme qui faisait un rodéo à scooter. Le policier s’en tirait avec une blessure au bras.

Le 3 août 2018, le Parlement a adopté une loi afin de renforcer les sanctions contre les rodéos. Pour rappel, le texte prévoit notamment une peine d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Trois ans plus tard, les co-rapporteurs de cette mission parlementaire Natalia Pouzyreff (LREM, Yvelines) et Robin Reda (LR, Essonne) étaient à Lyon pour évaluer l’impact de la loi et faire un premier bilan. Lors de cette table ronde, ils ont échangé avec différents acteurs tels que les représentants des forces de l’ordre, de la justice, et les élus locaux (Lyon, Vaulx-en-Velin, Rillieux-la-Pape, Bron, Villeurbanne, Vénissieux).

A l’issue des échanges, les députés se sont présentés à la presse, à la préfecture du Rhône, pour faire un point. Selon les observations faites dans le département, Robin Reda affirme que 35% des personnes impliquées dans les rodéos ont moins de 18 ans, dont aucune femme.

“Ce que nous avons vu ici c’est une volonté commune d’agir“, souligne le député. Les acteurs sont prêts à travailler main dans la main. Une volonté d’action qui contraste avec le sentiment des habitants, frustrés par ce phénomène. C’est l’un des messages qu’a voulu faire passer Natalia Pouzyreff : les habitants ne doivent pas se sentir abandonnés. Elle insiste et rappelle que des enquêtes sont ouvertes, des interpellations, saisies ont lieu plus tard. Des actions souvent a posteriori, notamment dû au fait de la doctrine policière, qui est de ne pas aller directement au contact, pour ne pas mettre en danger les civils sur la voie publique, en créant des courses poursuites.

A titre d’exemple, depuis le début de l’année (à l’échelle nationale), 704 interpellations ont eu lieu ainsi que 953 saisies de véhicule. Depuis la loi de 2018, la réponse pénale a été multiplié par 10.

Face à ce fléau qui “pourrit la vie des habitants“, selon Robin Reda, les outils technologiques ne sont pas à négliger. Il a évoqué le recours aux drônes.

D’autres mesures ont également été proposées par les élus (Bron, Rillieux la Pape et Lyon 2e arrondissement) lors des discussions :

  • renforcer le pouvoir des maires, en tant qu’officier de police judiciaire, en leur autorisant d’ordonner la confiscation et la destruction immédiate des véhicules utilisés pour un rodéo
  • rompre systématiquement le bail de ceux qui gare dans leur logement social, des engins motorisés non homologués
  • mener des réflexions sur la suppression d’aides aux personnes ayant recours à ces pratiques

Les deux co-rapporteurs réfléchissent également à un moyen de sanctionner la diffusion sur les réseaux sociaux. Natalia Pouzyreff regrette la “surenchère” à laquelle s’adonnent les auteurs de rodéos.

Quant aux solutions, la députée des Yvelines a été interrogée sur des initiatives de prévention mises en place, comme à Vaulx-en-Velin, à savoir des stages de motocross sur circuit. Elle n’a pas donné de réponse définitive : “Toutes les pistes, que l’on peut envisager, sont à mettre en œuvre. Il faut [les jeunes] leur offrir des solutions. […] Attendons de voir les résultats de cette initiative de la maire de Vaulx-en-Velin“.


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