Au lendemain de la défaite à Toulouse, une sortie a surpris. Celle de Paulo Fonseca : "On a garanti une qualification en Ligue Europa, c'est très positif. C'est un miracle d'arriver à la dernière journée en ayant encore la possibilité de se qualifier pour la Ligue des Champions." Un discours compréhensible… mais difficile à entendre dans le contexte actuel.
Car oui, il faut le rappeler, en début de saison, personne n'imaginait l’Olympique Lyonnais lutter pour le podium. Entre les incertitudes financières, les départs de cadres et les coups durs comme la blessure de Malick Fofana, la projection d'une quatrième ou une cinquième place sur la ligne d'arrivée aurait été accueillie comme une grande performance. C'est incontestable.
Mais le football ne se juge pas uniquement à partir des projections d’août. Il se juge au présent. Et aujourd’hui, la réalité est simple : l’OL avait son destin entre les mains pour terminer troisième, et il l’a laissé filer en perdant à Toulouse.
Les joueurs, eux, ne minimisent pas. Corentin Tolisso n'a rien caché de ses sentiments ambivalents et de sa frustration : "Si on nous avait dit qu'on jouerait une qualif potentielle pour la LDC sur le dernier match, nous aurions signé. Mais bien sûr que c'est délicat de ne plus avoir notre destin entre nos mains". Moussa Niakhaté, lui, est allé plus loin. Perdre cette troisième place à ce moment de la saison est "le pire scénario”pour le Sénégalais. Et il l'a dit clairement : terminer cinquième serait “une énorme déception”.
Ce décalage dit beaucoup. Il montre que cet OL a changé de dimension en cours de saison et que les joueurs ambitionnent désormais de se qualifier la Ligue des champions. La présence au Stadium de la patronne Michele Kang était d'ailleurs tout sauf anecdotique.
Et c’est précisément pour cela que la défaite à Toulouse laisse un goût amer. Parce qu’elle intervient au pire moment et qu’elle fait basculer un objectif à portée de main dans le domaine de l’incertain.
Alors non, on ne pourra pas quoiqu'il arrive parler d'échec pour qualifier la saison de l'OL. Mais si le club termine hors du podium, il sera impossible de parler de réussite totale. Car à ce stade, ce ne sont plus les attentes d’août qui comptent. C’est la réalité de mai. Et en mai, cette troisième place tendait les bras à Lyon.