Champion du monde en 2018, 28 sélections au compteur… Corentin Tolisso a déjà marqué l’équipe de France. Mais son retour, lui, semble désormais très improbable.
La dernière illustration est venue avec le forfait de Manu Koné ce lundi. Une place s’est libérée au milieu de terrain, sans que Didier Deschamps ne juge utile de remplacer le joueur de l'AS Roma. Et donc, sans même envisager le retour du capitaine de l’Olympique Lyonnais.
Pourtant, sportivement, difficile de faire mieux. Tolisso réalise l’une des meilleures saisons de sa carrière : 11 buts, 3 passes décisives, un rôle central à l'OL, malgré une baisse individuelle et collective ces dernières semaines. Il n'empêche que Tolisso coche tout les cases : leader, constant, décisif, expérimenté... Alors pourquoi cette absence persistante ?
L'argument de la concurrence
L’argument de la concurrence est réel. Rabiot, Tchouaméni, Kanté, Camavinga, Koné et Zaïre-Emery occupent l’espace dans un système qui ne laisse que peu de places aux milieux de terrain relayeurs. Mais à ce niveau de performance, Tolisso devrait au minimum être dans la rotation, ou à défaut, dans la réflexion.
Or, depuis sa dernière sélection à l’Euro 2021, il n’a plus porté le maillot des Bleus. Cinq ans de silence, malgré le retour à son meilleur niveau depuis deux ans à l'OL. Une situation qui dépasse probablement le simple cadre sportif.
Une zone d'ombre ?
Deux éléments peuvent éclairer cette mise à l’écart. D’abord, Didier Deschamps a toujours revendiqué son indépendance et semble détester qu'on lui force la main. Et la campagne de soutien autour de Tolisso, venant de Lyon comme de certains acteurs du football français, pourrait avoir produit l’effet inverse de celui escompté. Ensuite, demeure une zone d’ombre. Cette rupture nette, depuis 2021, laisse penser qu’un élément interne, discret, non public, pourrait peser dans la balance. Rien d’officiel, bien sûr. Mais un tel effacement, sur une durée aussi longue, interroge.
Aujourd’hui, sauf retournement improbable, Corentin Tolisso ne devrait pas être du prochain Mondial. Et son cas rappelle une réalité parfois dérangeante : en équipe de France sous Didier Deschamps, le terrain ne suffit pas toujours.