Un préambule avant tout : cette sélection est forcément subjective. En cent ans d'existence, le stade de Gerland a vu passer des milliers de sportifs, artistes et personnalités. Mais s'il fallait retenir dix noms pour raconter sa légende, voici notre choix.
Le premier est évidemment Tony Garnier, l'architecte lyonnais à l'origine de cette enceinte dont les travaux débutent en 1913. Après l'interruption liée à la Première Guerre mondiale, le stade est finalement inauguré en 1926.
À ses côtés figure naturellement Édouard Herriot, le maire de Lyon qui porte le projet et inaugure l'enceinte il y a tout juste un siècle.
Comment évoquer Gerland sans parler de Jean-Michel Aulas ? Sous sa présidence, l'Olympique lyonnais passe d'un club de Ligue 2 à une référence européenne et remplit le stade pendant près de trois décennies.
Le symbole sportif de cette époque reste Juninho, maître des coups francs et visage des sept titres consécutifs de champion de France remportés entre 2002 et 2008.

Autre figure incontournable, Bernard Lacombe, joueur, entraîneur puis dirigeant, dont le nom reste intimement associé à l'histoire du club et du stade.
Gerland, c'est aussi l'équipe de France. Difficile de ne pas penser au Tournoi de France 1997, véritable répétition générale avant la Coupe du monde organisée un an plus tard. Les Bleus y affrontent notamment le Brésil de Ronaldo dans une ambiance exceptionnelle (1-1). Ce soir-là, un certain Roberto Carlos entre définitivement dans la légende en inscrivant face à Fabien Barthez l'un des coups francs les plus célèbres de l'histoire du football mondial, un but encore diffusé aujourd'hui aux quatre coins de la planète.
Puis vient le Mondial 1998. Si Zinédine Zidane reste la figure emblématique de cette génération, il était suspendu lors du France-Danemark (2-1), disputé à Gerland. On choisira donc de mettre en lumière les Djorkaeff : Youri, auteur du penalty de la victoire ce soir-là, et son père Jean, membre de l'équipe lyonnaise qui avait offert à l'OL sa première Coupe de France en 1964. À eux deux, ils incarnent parfaitement le lien unique qui unit Gerland et l'équipe de France. En 1998, le stade entre définitivement dans l'histoire en accueillant plusieurs rencontres de la Coupe du monde, dont le quart de finale remporté par la Croatie face à l'Allemagne (3-0).
Mais Gerland n'est pas seulement une enceinte sportive. En 1986, Jean-Paul II y rassemble des dizaines de milliers de fidèles lors de sa visite à Lyon.
En 1997, c'est Michael Jackson qui fait vibrer le stade lors de son HIStory World Tour, rejoignant une longue liste d'artistes prestigieux passés par l'enceinte lyonnaise.
Enfin, comment ne pas citer Johnny Hallyday ? Comme Michael Jackson avant lui, l'idole des jeunes a contribué à faire de Gerland bien plus qu'un stade. Ses concerts lyonnais ont rassemblé des dizaines de milliers de spectateurs et participé à la légende populaire du lieu, au même titre que les grands événements sportifs.
Bien sûr, cette liste est totalement subjective. D'autres auraient sans doute choisi Fleury Di Nallo, Serge Chiesa, Sonny Anderson, Grégory Coupet, Sidney Govou, Karim Benzema, les héros de la Coupe du monde 1998, les joueurs du LOU Rugby ou encore les Rolling Stones, Genesis... C'est aussi ce qui fait la richesse de Gerland. Depuis cent ans, chacun y a construit ses propres souvenirs. Et c'est peut-être cela, finalement, la plus belle définition d'un stade de légende.
Le Stade de Gerland fête ses 100 ans ce samedi soir, en marge de LOU-Montpellier (21h).
Julien Huët
🎞️ Vidéo datant du mois d’octobre 1996, retraçant l’évolution du Stade de Gerland depuis sa création et l’évolution des rénovations en vu d’accueillir la Coupe du Monde 1998 pic.twitter.com/QCp7SWD4NX
— OL Videos (@OLvideos69) June 2, 2026