Valéry Giscard d'Estaing, troisième Président de la Vème République, entre 1974 et 1981, est décédé ce mercredi soir dans sa maison familiale du Loir-et-Cher. Il avait été hospitalisé plusieurs fois cette année pour des problèmes cardiaques et pulmonaires. Âgé de 94 ans, il est le Président français ayant vécu le plus longtemps.
VGE, comme il était surnommé, était à la fois de droite libérale mais également en faveur d'une société qui avance, du progrès.
Son mandat présidentiel, est marqué par le progrès technique d'abord, avec le développement du TGV et du nucléaire. Mais aussi par les progrès sociaux, avec l'abaissement de la majorité à 18 ans, la dépénalisation de l'avortement et le divorce par consentement mutuel (il nécessitait auparavant la preuve d'une faute de l'un des ex-époux pour être prononcé).
Ses années à la tête de l’État sont toutefois également celles des chocs pétroliers de 73 et 79 qui signent la fin des Trente Glorieuses, de l'affaire des diamants et de la transition vers un monde nouveau.
L'après 1981
Battu par François Mitterrand en 1981, il a toutefois continué d'occuper plusieurs fonctions. Il fut député puis Président du Conseil régional d'Auvergne, député européen, fondateur de l'UDF... En 2004, il se retire de la vie politique pour siéger au Conseil Constitutionnel, dont il était membre à vie en tant qu'Ancien Président de la République. Il était également écrivain, reçu à l'Académie Française.
En 1975, il avait même eu la chance de voir un plat à son nom créé par Paul Bocuse. Il s'agit de la fameuse "soupe VGE", une soupe aux truffes surmontée d'une pâte feuilletée créée par le chef lyonnais. C'est désormais un classique de la maison Bocuse.
Les hommages
Les réactions n'ont pas tardé après l'annonce du décès de l'ancien chef d'Etat. Emmanuel Macron rend hommage à un président "dont le septennat transforma la France". "Les orientations qu'il avait données à la France guident encore nos pas. Serviteur de l'État, homme politique de progrès et de liberté, sa mort est un deuil pour la nation française".
Nicolas Sarkozy parle d'un homme qui a "modernisé" et "fait honneur à la France". François Hollande salue d’"un homme d’État qui a fait le choix de l’ouverture au monde".
Pour Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, " L'idéal européen perd l'un de ses fondateurs, la France, un président qui a apporté modernité et audaces : majorité à 18 ans, légalisation de l'IVG, ..."
François Bayrou, le président du MoDem, évoque, lui, un homme qui "dominait par la vivacité de son intelligence et la force de ses intuitions".