Ce mercredi, la PJ (police judiciaire) de Lyon a démantelé un large réseau d'escroquerie au chômage partiel de huit sociétés fantômes dans le Sud-Est, avec un préjudice pour l'Etat estimé à 2,4 millions d'euros.
Tout a commencé à la fin du mois d'août, lorsque le service du ministère de l'Économie chargé de la lutte contre le blanchiment d'argent, Tracfin, se penche sur le cas d'une société stéphanoise.
C'est alors que Bercy se décide à alerter la PJ pour "suspicion d'escroquerie en bande organisée" avec un préjudice de 400 000 euros d'indemnisations du chômage partiel, indûment perçus par les intéressés.
Un faux loueur de voiture
L'entreprise se faisait passer pour un loueur de voiture. 49 personnes y étaient déclarées en tant que travailleur, pour un salaire en moyenne de 4 000 euros par mois. Mais selon les sources proches du dossier, la société n'en en employait aucun.
Après un premier signalement au parquet de Saint-Étienne, les enquêteurs s'aperçoivent en épluchant les mouvements bancaires de l'entreprise que sept autres sociétés sont elles aussi destinataires d'indemnités indues, prétendant également exercer dans la location de véhicules ou les économies d'énergie.
1,4 millions d'euros retrouvés, l'autre million toujours caché
"On a affaire à un réseau d'escroqueries commises au préjudice de l'Etat", confirme Judicaële Ruby, commissaire divisionnaire de la section économique et financière de la PJ de Lyon.
Sur les 2,4 millions d'euros d'indemnités versées jusqu'au mois dernier aux huit sociétés fantômes, 1,4 million ont été saisis par les enquêteurs au titre des avoirs criminels.
L'autre million pourrait se trouver actuellement à l'étranger, alors que la PJ a découvert de nombreux déplacements à Hong-Kong.
Trois personnes, toutes connues pour des faits d'escroquerie, ont été interpellées mardi autour de Saint-Étienne et dans l'Isère. Un quatrième mis en cause a lui été arrêté dans les Bouches-du-Rhône par la PJ marseillaise.
La PJ marseillaise a d'ailleurs saisi 30 000 euros en liquide chez les "têtes du réseau", à en croire les enquêteurs.