Certains ont gravi l'Everest une fois dans leur vie mais peu l'ont fait deux fois comme Stéphane Marc. Âgé de 55 ans, ce responsable d'une entreprise de signalisation lumineuse et sonore située à Mions (région lyonnaise) a une appétence particulière pour la montage et la haute-montagne.
En 1990, il entre chez les chasseurs alpins pendant un an et c'est en 1999 qu'il commence à enchaîner les ascensions des plus hauts sommets du monde. En effet, cette année-là, il gravit le Mont-Blanc (4 696 m) puis en 2006 part à l'assaut du Kilimandjaro (5 895 m). Stéphane Marc ne s'est pas arrêté là puisqu'un an plus tard, il réalise l'ascension de l'Aconcagua (6 962 m) en Argentine et en 2008 il se retrouve sur les pentes du Cho Oyu à 8 200 mètres d'altitude. Et c'est tout naturellement après toutes ces ascensions qu'il décide de s'attaquer au plus haut sommet du monde, l'Everest, en 2018 du côté chinois. "J'ai mis pratiquement deux ans à m'en remettre, à y penser tous les jours. Quatre ans plus tard, je me suis dit que j'aimerais bien le refaire côté sud cette fois-ci et donc me revoilà sur les pentes de l’Everest", explique-t-il.
Direction Katmandou, au Népal, le 10 avril dernier. Avec lui, sept autres Français, dont Michel Viso qu'il connaît de précédentes ascensions, s'envolent pour l'expédition. Au total, son groupe était composé de 16 personnes. Initialement, Stéphane Marc était parti pour huit semaines mais c'est avec deux semaines d'avance qu'il a pu rentrer chez lui grâce à une météo favorable. Pour gravir l'Everest, le groupe est accompagné de Sherpas (des guides).
L'ascension se fait en plusieurs étapes de préparation, d'acclimatation. Stéphane Marc atteint progressivement différents camps de base à différentes altitudes. Au fil des jours, l'oxygène se fait de plus en plus rare, la fatigue est de plus en plus présente.
Les difficultés n'avaient rien à voir comparé à sa précédente ascension de l'Everest en 2018. Côté sud, les pentes sont plus pentues et les risques sont beaucoup plus nombreux : crevasses de 5 à 10 mètres de large, risques d'avalanche, traversée de l'Ice-Fall, chutes de pierres... "C'était un vrai dépassement de soi, je suis allé au bout de mes limites et je suis allé chercher encore plus loin dans ma dans ma résistance et dans mon mental".
Au terme d'ultimes efforts, à plus de 8 000 mètres d'altitude, Stéphane Marc arrive enfin au sommet du toit du monde le 13 mai à 7h40. Autour de lui, il n'y a plus rien. Stéphane Marc surplombe de 400 mètres toutes les montagnes aux alentour. Avec une vision à 360°, le français observe une mer de nuages. Le moment est exceptionnel et même le froid ne peut gâcher la fête.
Une importante préparation physique
Pour préparer une telle ascension, une importante préparation physique est nécessaire. Il s'agit d'un entraînement au long cours. Toute l'année, Stéphane Marc fait du vélo, de la course et de la natation et c'est 5-6 mois avant le départ que la charge de travail augmente. "À partir du mois d'octobre, j'ai pris un coach sportif. J’ai d’abord eu deux séances par semaine avec lui en plus de la natation et du vélo. Sur les deux derniers mois avant le départ, j’avais trois séances de coach, du renforcement musculaire, du cardio training et toujours deux entraînements de natation, de vélo et une session course à pied. Tout ça en travaillant."
De retour en France, Stéphane Marc a mis trois semaines à reprendre du "poil de la bête".
Prochains défis ? Finir le "challenge des 7 sommets", c'est-à-dire réaliser l'ascension du plus haut sommet de chacun des sept continents. Il lui en reste trois : le Denali (Amérique du Nord), le massif Vinson (Antarctique )et la Pyramide de Carstensz (Océanie).
