Sur la colline de Fourvière, où se dresse déjà un quartier antique composé du théâtre gallo-romain, de thermes romains, de nombreux mausolées romains et vestiges ; un autre site archéologique est en cours de fouilles.
Découvert en 2015 grâce à des diagnostics de terrain, le site sur lequel nous marchions jadis regorgeait en vérité de trésors du passé, enfouis à seulement quelques mètres de nos pieds.
Dirigées par Benjamin Clément, enseignant-chercheur à l’Université de Franche-Comté, et Lucas Guillaud, archéologue à la Ville de Lyon, ce projet de fouilles a sorti de terre les vestiges d’une caserne de la Cohorte urbaine.
Sur les traces du passé de la colline de Fourvière
Il s’agit d’un bâtiment militaire, qui aurait été installé par l’empereur Tibère dans la colonie romaine de Lugdunum. Découverte majeure dans l’histoire de la ville et des derniers instants de la bataille de Lyon, cette caserne est d’autant plus intéressante qu’elle recense en son sein une multitude de vestiges d’armement, qui auraient appartenus aux légionnaires romains. En tout, ce sont près de 350 pièces qui ont été mises à jour. Parmi celles-ci, des casques de bronze, des talons et fers de lance, des pilums, des glaives ou encore des grappins de siège… mais aussi un crâne décapité, qui aurait probablement pu appartenir à un légionnaire ou à un ancien officier.
Pour Benjamin Clément, cette caserne aurait d’ailleurs pu servir à prévenir et protéger les ateliers de frappe monétaire lyonnais.
En outre, il s’agit là d’une collection exceptionnelle d’objets, très rare en Europe, qui représente une avancée majeure dans la connaissance des équipements des légionnaires du Haut-Empire.
Des étudiants à l’origine de ces découvertes
Ces trouvailles, nous les devons à des étudiants de licence et de master à l’Université de Franche-Comté et des universités lyonnaises, qui se relayent chaque été pour travailler sur le site et mettre à jour de nouveaux témoignages de l’histoire romaine de Lugdunum. Cette année, ce sont 15 étudiants qui s’occupent du site, animés par une passion commune pour l’archéologie.
Le patrimoine lyonnais s’agrandit
Alors que Fourvière et Saint-Just font déjà partie du territoire classé au patrimoine Mondial par l’UNESCO (en 1998), ce site attire également l’oeil des fous d’histoire, qui aimeraient préserver au maximum le site.
Pour le moment, rien n’est sûr, et le site se verra remblayé à la fin de l’été pour le protéger des agressions extérieures, en attendant que tout y soit mis à jour.
Cependant, une bonne partie des objets viendra garnir les vitrines déjà très bien remplies du musée Gallo-Romain de Fourvière, et seront visibles au public dès qu’ils seront tous restaurés.