C’est un bien triste rapport interne, intitulé « Comprendre et Guérir - Origines et analyses des abus dans la Famille Saint-Jean » qui a été publié lundi sur le site internet de la communauté religieuse d'origine ligérienne des Frères de Saint-Jean. Ce rapport, réalisé en interne, a nécessité trois ans de travail et statue sur les nombreux abus sexuels et spirituels commis au sein de la communauté.
Publié dans l’espoir que « que de tels méfaits ne reproduisent plus », ce rapport revient sur les décennies d’agressions sexuelles commises par le fondateur de la communauté, Marie-Dominique Philippe, mort en 2006. Long de 800 pages, « Comprendre et guérir – Origines et analyses des abus dans la famille Saint-Jean » révèle l’existence de 167 victimes, qu’elles aient été mineures ou pas au moment des faits. De la même manière, celui-ci fait également état de 72 agresseurs membres de la congrégation.
Un « mal contagieux »
Si les abus liés à la religion ne sont pas rares, le rapport publié lundi a tout de même fait l’effet d’une bombe. Retraçant 348 années d’existence, le rapport incrimine 72 frères et six femmes mis en cause. Si les faits sont généralement qualifiés de « paroles, de sollicitations et de harcèlement », ils concernent également des agressions sexuelles et des viols. Quant au nombre d’abus, les auteurs ont tenu à précisé qu’il est « malheureusement certain que le nombre d'abus réels est supérieur » compte tenu de la difficulté de recouper des témoignages vieux de centaines d’années.
D’après le recensement qu’a pu effectuer la commission interdisciplinaire de la communauté, les victimes sont majoritairement des femmes majeures, dont 41% de femmes issues de l’extérieur de la communauté et 18% de soeurs. 6% des victimes sont des garçons de moins de 15 ans.
Six frères condamnés par la justice
Six personnes ont été condamnées par la justice pour leurs crimes, et dix enquêtes sont toujours en cours. Une majorité des frères incriminés ont cependant reçu une sanction disciplinaire exemplaire selon la congrégation.