La mobilisation contre la vie chère a malheureusement pris une tournure violente ce samedi 17 octobre à Lyon. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans les rues de la ville, notamment place Bellecour, où l’Office du tourisme a été ravagé par les flammes. Des commerces ont également été pris pour cible en Presqu’île. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, condamne fermement ces violences.
Une mobilisation qui dégénère dès la mi-journée
La journée s’annonçait particulièrement tendue à Lyon. Après plusieurs semaines de contestation, lycéens, étudiants, syndicats et Gilets jaunes avaient appelé à se mobiliser ce samedi 17 octobre pour dénoncer notamment la vie chère et la politique du gouvernement.
Dès la matinée, plusieurs rassemblements se sont formés dans l’agglomération lyonnaise, notamment devant la Manufacture des Tabacs, place Guichard et à Villeurbanne. Plusieurs centaines de manifestants ont ensuite convergé vers la place Bellecour, où un grand rassemblement était prévu à 14 heures.
Mais les premières tensions sont apparues avant même le début du rassemblement principal. Sur les quais du Rhône, à la Guillotière et dans le secteur de la rue Victor-Hugo, des affrontements ont opposé certains manifestants aux forces de l’ordre. Des tirs de mortiers et des gaz lacrymogènes ont été signalés, provoquant plusieurs mouvements de foule.
L’Office du tourisme ravagé par les flammes
C’est sur la place Bellecour que les images les plus impressionnantes ont été enregistrées. Peu après 14 heures, plusieurs individus ont pris pour cible le pavillon de l’Office du tourisme de Lyon. Certains sont montés sur le toit du bâtiment pour arracher les lettres de son enseigne.
La statue de Paul Bocuse, installée à l’intérieur, a également été sortie du bâtiment et renversée au milieu de la place. Quelques minutes plus tard, un incendie s’est déclaré à l’arrière du pavillon, avant que les flammes ne ravagent l'édifice.
La statue de Paul Bocuse saccagée, l’office de tourisme en proie aux flammes à Lyon pic.twitter.com/vR6dmvt6i8
— Lyon Mag (@lyonmag) October 17, 2026
La statue équestre de Louis XIV, autre monument emblématique de la place Bellecour, a elle aussi été dégradée. Des inscriptions ont été tracées sur son socle, tandis que plusieurs individus sont montés sur le monument.
Des pillages dans plusieurs rues de la Presqu’île
Les violences ne se sont pas limitées à la place Bellecour. Dans le quartier de la Guillotière, le McDonald’s de la place Gabriel-Péri a été vandalisé, avec plusieurs vitrines brisées.
Des feux de poubelles et des conteneurs renversés ont également été signalés dans différentes rues du 7e arrondissement, notamment à proximité de l’hôpital Saint-Luc Saint-Joseph.
En Presqu’île, plusieurs commerces ont été victimes de pillages, notamment dans les secteurs des rues Gasparin, des Archers, Édouard-Herriot et de la place des Jacobins. Des intrusions ont également été signalées à l’hôtel Sofitel, selon les informations rapportées par Le Progrès.
Face à ces débordements, les forces de l’ordre sont intervenues à plusieurs reprises pour disperser les groupes impliqués dans les violences. La circulation des transports en commun a également été fortement perturbée, avec plusieurs lignes de métro et de tramway touchées.
Grégory Doucet condamne fermement les violences
Face à ces événements, le maire de Lyon, Grégory Doucet, a rapidement réagi dans un communiqué transmis à la presse.
« Cet après-midi, l’Office du tourisme de Lyon a été incendié. Les images sont choquantes, les manifestants place Bellecour ont été mis en danger », déclare l’élu écologiste.
Le maire condamne « fermement ces scènes de violence inacceptables », rappelant que les bâtiments publics sont des biens communs et que leur dégradation porte atteinte à l’ensemble des Lyonnais.
Il adresse également son soutien aux commerçants pris pour cible ainsi qu’aux policiers et aux sapeurs-pompiers mobilisés sur le terrain.
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Des rassemblements également pacifiques
Malgré ces scènes de violence, tous les rassemblements n’ont pas dégénéré. Plusieurs centaines de personnes se sont notamment réunies dans une ambiance plus calme place Louis-Pradel, devant l’Opéra de Lyon.
Un autre cortège pacifique a également traversé la Presqu’île dans l’après-midi, notamment sur le quai Saint-Antoine, pour faire entendre ses revendications.
À Villeurbanne, près de 200 manifestants ont organisé une action symbolique dans un supermarché du quartier des Gratte-Ciel, en défilant dans les rayons tout en scandant des slogans.
Simon Badet