Suite à l’annonce du Conseil de politique nucléaire tenu par Emmanuel Macron mercredi dernier, Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique a fait le déplacement à la centrale du Bugey (Ain) ce lundi.
À l’issue du Conseil, c’est le parc nucléaire du Bugey qui avait été choisi pour accueillir de nouveaux réacteurs dernière génération EPR2. C’est donc dans l’objectif d’informer et rassurer que la ministre est présente sur le site ce lundi.
Rassurer les frileux
Dans l’Ain, un bon nombre d’élus locaux et d’associations écologistes ont sonné l’alerte quant aux risques écologiques engendrés sur les ressources d’eau potable provenant du Rhône qui seront utilisées pour refroidir la centrale. Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon, s’était d’ailleurs joint à Gregory Doucet, maire de la Ville de Lyon, pour rédiger une lettre destinée à Agnès Pannier-Runacher. Il avait notamment souligné les difficultés d’accueil d’un nouvel EPR sur la centrale du Bugey : « 90% de notre ressource en eau potable dépend du Rhône, avec une politique très forte de préservation de l'eau pour continuer à en avoir en quantité et en qualité. Il y a différentes prédictions, mais on parle globalement de -30% de débit du Rhône en 2050. Ajouter un nouvel EPR à Bugey à ces difficultés est une idée qu'on ne peut pas accepter ici » avait-il dénoncé.
La ministre de la Transition énergétique a donc du pain sur la planche ce lundi, pour tenter d’apaiser les esprits et répondre aux craintes des locaux.
Justifier le choix du Bugey au détriment du Tricastin
Si Agnès Pannier-Runacher doit rassurer, la ministre doit également justifier. En effet, le choix de la centrale du Bugey a interloqué, puisque le site du Tricastin semblait tout désigné pour accueillir ces nouveaux réacteurs. Selon la ministre de la Transition énergétique, cette décision a été motivée par « des enjeux techniques » afin de « tenir les calendriers » : « Le site du Bugey était davantage prêt que celui du Tricastin, donc c'est un choix rationnel pour tenir les calendriers dans les meilleurs délais » avait déclaré le cabinet de la ministre.
Ce lundi, Agnès Pannier-Runacher se devra donc de répondre au mieux aux différents questionnements des plus sceptiques.