Ce devrait être le dernier procès de ce feuilleton judiciaire qui dure depuis maintenant 7 ans.
Le 12 mai 2013 la disparition de Fiona, 5 ans, est signalée à la police de Clermont-Ferrand par sa mère et son beau-père. Une vaste enquête est menée pour tenter de retrouver la petite fille, sans succès.
4 mois plus tard, sa mère Cécile Bourgeon, 25 ans à l'époque et Berkane Makhlouf son ex-compagnon craquent devant les enquêteurs et passent aux aveux. La petite fille serait morte des suites de coups. Ils seraient ensuite allés enterrer le corps dans un bois de la région de Clermont-Ferrand. L'opinion publique, déjà en émoi à l'annonce de la disparition de la fillette, est scandalisée.
Cécile Bourgeon comparaîtra libre
Plusieurs procès tentant de mettre de la lumière sur ce qui s'est réellement passé, mais de multiples rebondissements judiciaires perturbent les débats, notamment des accusations de subordination de témoin et des pertes de dossiers. C'est une de ces « péripéties » qui va conduire à ce quatrième procès devant la Cour d’assises du Rhône du 1er au 18 décembre.
En cause, le juge qui avait prononcé la sentence (20 ans de réclusion criminelle pour les deux prévenus en appel) a été vu peu après en train de prendre un apéritif avec les avocats de la partie civile. La défense a formé un pourvoi en Cassation, accepté par la Haute Cour.
La décision d'appel ayant été annulée, Cécile Bourgeon, qui a purgé sa peine de 5 ans prononcée en première instance, comparaîtra libre. Séparée de son ex-conjoint, elle s'est remariée et a eu un autre enfant, placé dès la naissance.
Berkhane Maklouf, condamné à 20 ans de réclusion criminelle, a vu sa demande de remise en liberté refusé par les juges la semaine dernière.
Les deux accusés risquent 30 ans de réclusion criminelle
Les avocats de la défense ont indiqué qu'ils conservaient la même ligne, à savoir que Cécile Bourgeon n'a porté aucun des coups ayant entraîné la mort de l'enfant et qu'il s'agissait d'un accident.
Le corps de la fillette n'a jamais été retrouvé. Cécile Bourgeon et Berkhane Maklouf étaient à l'époque des faits tous deux des toxicomanes, addicts à l'héroïne notamment. Ils ont reconnu lors du premier procès être « trop défoncés » le soir de la mort de Fiona pour se rappeler où ils l'avaient enterré.
C'est cet élément qui va compliquer la tâche des jurés car sans corps, impossible de déterminer les causes exactes de la mort et donc également complexe de déterminer l'intention criminelle.
Mais le parquet voit les choses différemment. D'après l'enquête, Fiona aurait succombé à ses blessures au moins 24 heures après les avoir subies. Contrecarrant la thèse de l'accident, le parquet plaide une mort suite à une maltraitance sur la petite fille.
Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf risquent 30 ans de réclusion criminelle chacun.